La création d’un Système d’Information géographique commence par une phase préalable d’analyse durant laquelle sont définis le projet, ses objectifs, et son planning de mise en œuvre. C'est l'occasion de mener une réflexion concertée à propos du temps et du coût de montée en charge des données de base constituant le " référentiel ". L'objectif est de garantir la meilleure adéquation entre ce référentiel et les besoins de ses utilisateurs potentiels, à moyen et à long terme. Cette réflexion est primordiale lorsqu’on choisit de construire la couche technique du SIG à partir d’un levé topographique au 200ème. Celui-ci nécessite un très long travail sur le terrain. Aussi est-il indispensable d’analyser dès le départ les besoins, la pertinence réelle, et la méthodologie de levé des objets.
C’est ce que montre l’expérience de la Ville de Saint-Nazaire qui a développé le concept d’un plan topographique au 200ème " allégé " du corps de rue.
LES PRINCIPES DE MISES EN ŒUVRE DU SIG DE SAINT-NAZAIRE
L’analyse initiale, qui guide encore aujourd’hui le projet SIG dans sa structure, a été définie en 1984. L’idée majeure fut de confier au service municipal du "Plan de Ville" la responsabilité de la mise en œuvre technique du système, de sa cohérence et de son homogénéité. Une fois ce cadre défini, la structure en réseau du SIG développe la reconnaissance des qualités d'expertise des différents métiers présents au sein des services, en rendant chacun d'entre eux responsable de la mise à jour et de la diffusion des données dont ils sont le gestionnaire.
D’autre part, la mise en place progressive des applications et de leur montée en charge permet d’étaler les investissements et de compenser le différé des bénéfices en retour par la souplesse d’ajustement du système au fur et à mesure de son développement.
Cette stratégie a notamment été mise en œuvre selon trois axes complémentaires :
couverture territoriale du SIG : la planification intègre les contraintes de cohérence du canevas de base,
analyse de la définition des applications et échelonnement du déploiement des différents domaines applicatifs,
analyse poussée des besoins en matière de données, ce qui limite la densité des informations à saisir, durablement ou temporairement suivant les cas.
PLAN TOPOGRAPHIQUE 200 ème "ALLEGE"
POURQUOI UNE TOPOGRAPHIE ALLEGEE ?
Le rôle de la topographie dans un SIG est de servir de couche de référence à un grand nombre de domaines d’application : les levés topographiques réclament donc un investissement initial important dont le financement et la programmation s’avèrent souvent difficiles.
L’analyse du principe " domaine serveur et domaines clients " a conduit à une réflexion plus orientée sur les objets de la ville que sur des couches rassemblant de façon plus ou moins figée chaque catégorie d’objets.
LE CONCEPT DE "PLAN TOPOGRAPHIQUE ALLEGE"
Cette plus grande latitude à l’égard du plan de référence a amené le service Plan de Ville à définir un concept de "plan topographique allégé". Celui-ci diffère du plan topographique traditionnel, et de la réalisation d'un plan topographique exhaustif rapide, qui lui consiste, dans un souci d’économie, à lever et représenter tous les détails et objets habituels du plan topographique à une échelle donnée, mais en sacrifiant la précision métrique.
Le "plan topographique allégé" se limite aux détails et objets les plus utiles mais il ne sacrifie en rien à la précision métrique, qui est garante de la justesse de l’information et de son réemploi ultérieur.
Ce principe permet alors une montée en charge rapide du SIG, avec une alimentation régulière et soutenue des applications basées sur ce plan de référence, tout en conservant la précision métrique indispensable à la pérennité de la donnée.
Cette méthodologie prend toute sa mesure et son efficacité dans une phase initiale de saisie des données topographiques.
Mais lorsque le SIG et ses applications "métiers" se développent, il est bien souvent nécessaire, dans les phases de récolement ou de levé avant projet, d’enrichir le plan par des objets qui semblaient à l'origine d'importance secondaire, sans pour autant, revenir à un levé traditionnel exhaustif.
L’option initiale de garantir la précision métrique et l’indépendance de la représentation graphique de l’objet par rapport à son usage permet cette adaptation.
Cela met en évidence la complémentarité des deux méthodes, ainsi que la nécessaire adéquation entre les besoins exprimés et le type de levé à réaliser.
POSITION DU PLAN TOPOGRAPHIQUE ALLEGE DANS LA STRUCTURE SIG
La fonction SIG apparaît dès lors que la duplication de l’information dans les différents services s'est sensiblement réduite. Pour cette raison, les poids relatifs des fonctions de " serveur " et de " client " de données ont influencé la segmentation et la topologie adoptées pour les différents domaines et la stratégie de montée en charge. Ainsi, le domaine topographie n’est client que du domaine " canevas de base " mais il est serveur de presque tous les autres domaines.
Sans une analyse de la couche généralement baptisée "fond de plan", la montée en charge du SIG n’aurait pas été aussi efficace, car la valeur d’une donnée est fondée sur son intégrité et sur sa capacité à être partagée.
Deux qualités lui sont nécessaires :
une localisation assez précise pour qu'elle ne devienne pas rapidement inapte ou incohérente pour des applications ultérieures plus exigeantes.
une numérisation sous une forme suffisamment universelle, dans la désignation des objets et les structures des fichiers, pour permettre un partage entre les différents domaines et une intégration transparente dans une application "métier".
DESCRIPTION DU PLAN TOPOGRAPHIQUE ALLEGE
Un modèle graphique de l’espace public a été défini en coordination avec l’ensemble des acteurs et intervenants sur le domaine public. Ce modèle graphique se concrétise par une nomenclature des objets localisés qui se substitue au concept de plan topographique traditionnel.
Cette nomenclature précise la liste des objets nécessaires et suffisants aux différentes applications, et le mode de représentation de chacun d’eux. En effet, parmi les différents objets représentés sur un plan, tous n’ont pas le même intérêt et certains n’y figurent que pour " habiller " le plan. Il s’avère alors précieux d’analyser les usages réels de chacun d’eux, dans les différents domaines d’application,
Par contre, la représentation finale de chaque objet est propre à chaque application et peut se référer à une symbolique spécifique.
(extrait du plan, voir fichiers séparés)
La garantie de cohérence s’appuie sur un canevas de base de précision auquel sont nécessairement rattachées toutes les opérations de levé. Un schéma général a été établi, ce qui permet la programmation progressive des densifications nécessaires. Les points d’appui rattachés sont délibérément multipliés pour que la disparition inévitable de points de canevas ne soit pas source d’alourdissement ou d’impasses techniques ultérieures.
CONCLUSION
La formalisation précise des règles d’élaboration de ce plan topographique de référence permet de garantir la cohérence et l'homogénéité du système, tout en facilitant le travail des prestataires, d’utiliser des moyens de contrôle rapides et objectifs, et d’accélérer la réception (et donc le paiement) des travaux.
Le plan topographique de référence 200ème allégé est un sous-ensemble du plan topographique 200ème traditionnel, puisqu’il comporte moins d’objets, mais avec la même précision métrique. Il est à tout moment possible de le compléter si le besoin s’en fait sentir.
Le SIG de Saint-Nazaire est un instrument au service de la gestion et du développement du patrimoine et de l’espace communal. Il est passé en 15 ans d’un système graphique à une banque de données localisées puis à un système d’informations structurées, enrichi d’autres domaines thématiques (urbanisme, économie, social, population, observatoires…) Ses différents domaines applicatifs sont devenus d'indispensables outils d’aide à la décision, pour toutes les activités de la collectivité : voirie, réseaux, espaces verts …
Fiche établie par Christophe Lebot, Ville de Saint-Nazaire
Direction Générale des Services Techniques, Service Plan de Ville