l'infrastructure géographique de référence

Une réflexion est engagée au plan national pour mettre en place une infrastructure géographique de référence répondant aux besoins des collectivités publiques. Il s'agit d'examiner avec les représentants de l'administration et des collectivités territoriales, la nature des données qu'ils utilisent et leurs modalités de mise en œuvre pour dégager les spécifications et conditions d'accès à une infrastructure géographique favorisant les utilisations les plus larges.

Or, la manipulation des données géographiques, directement sous forme numérique, par les utilisateurs, a profondément modifié leurs attentes en produits et services de base. Il est essentiel que les utilisateurs précisent rapidement ces attentes pour qu'elles puissent être prises en considération dans les investigations actuellement engagées.

L'infrastructure géographique de référence

Depuis plus d'un siècle, la notion d'infrastructure géographique de référence est attachée aux réseaux de repères géodésiques et de nivellement. Aujourd'hui, l'usage des SIG s'appuie toujours sur cette infrastructure topographique mais requiert également la disponibilité de divers données complémentaires constitutives d'une nouvelle structure de référence, à préciser, comprenant : les numéros des parcelles cadastrales, les contours parcellaires, les limites administratives, les îlots de recensement, les adresses postales, …

Or, aujourd'hui, les produits topographiques de base sous forme cartographique rassemblent un ensemble important de données et d'information qui s'avère difficile à manipuler informatiquement depuis un poste de travail d'utilisateur.

La nouvelle structure de référence à établir doit permettre de distinguer quatre types de fonctions qui pourraient aider à mieux structurer l'organisation des produits numériques de base :i

la fourniture d'une image complète, actuelle et lisible d'un territoire,
la fourniture d'un squelette descriptif du territoire qui permette l'attachement d'informations thématiques particulières,
la fourniture complémentaire de diverses données d'intérêt général, dans des représentations normées et des caractéristiques de qualité garanties,
la fourniture d'une localisation prédéterminée d'identifiants de référence qui autorise la mise en relation spatiale de diverses informations administratives, économiques ou sociales requises dans le cadre d'une analyse ou d'une application sur un territoire.

visualiser un territoire

fonctions principales :

fournir une image globale d'un territoire donné,
fournir un état objectif d'un territoire à un moment donné,
fournir un fond de plan "riche"

principales caractéristiques :

l'instantanéité (cohérence temporelle interne),
l'exhaustivité (limiter les pertes d'informations liées au processus de saisie, à la schématisation de la représentation, …)
l'actualité (la non-péremption ou le faible vieillissement de l'information est un critère objectif de l'appartenance potentielle à un référentiel)
la cohérence interne (notamment lorsque le produit est composite)

offrir une infrastructure topographique

fonctions principales :

mettre en cohérence spatiale des données thématiques issues de cartographies variées,
fournir un fond de plan "dépouillé",
constituer le référentiel spatial de bases de données locales,

principales caractéristiques de l'infrastructure topographique :

fréquence d'emploi (valeur quantitative, fondant des raisonnements économiques pour la mise en œuvre des référentiels),
qualité de la précision absolue,
universalité d'emploi (diversité des emplois effectifs, indépendamment des quantités : richesse potentielle de croisement d'information),
pérennité des objets,

proposer des données thématiques d'intérêt général

fonctions principales

fournir "sur étagère" un enrichissement minimal des fonds de plan,
standardiser la représentation des objets topographiques d'utilisation large et fréquente,

principales caractéristiques des données thématiques d'intérêt général

diversité des emplois,
universalité de la définition et de la représentation,
cohérence de ces données avec l'infrastructure topographique,
définition de règles de généralisation et de "dégénéralisation" de ces objets aux différentes échelles de représentation cartographique,

géoréférencer des données administratives et socio-économiques

fonctions principales :

localiser géographiquement des données administratives et socio-économiques diverses,
mettre en cohérence spatiale des données thématiques distinctes à associer dans une analyse,
expliciter les améliorations de qualité de certains référentiels administratifs,

principales caractéristiques :

universalité du référentiel (respect des normes internationales, cohérences transfrontalières…)
précision de localisation relative
niveau de résolution des descriptions géométriques

les services associés au référentiel spatial

les nomenclatures sectorielles

universalité
stabilité temporelle

le transfert d'échelle

généralisation et "dégénéralisation" géométriques
emboîtement des nomenclatures

le transfert de date

standardisation des dates de référence
standardisation des modes d'archivages des historiques et/ou des mises à jour

les variables d'ajustement

richesse du contenu, quantité d'objets et niveau de détail de description des objets

Les utilisateurs ont une vision fonctionnelle des objets topographiques. Comme par essence, un référentiel spatial doit permettre la combinaison d'un nombre aussi grand que possible de vues sectorielles différentes, l'accroissement du nombre d'objets entrant dans le référentiel en dégrade rapidement la fonction.

complexité du contenu, niveau de structuration, fragmentations possibles

Pour être effectivement utilisées, les données de référence doivent être techniquement et économiquement accessibles. Aussi ces données doivent-elles pouvoir être délivrées par sous-ensembles (au moins selon les quatre fonctions distinguées mais également au sein de chacune d'elles, les tarifs correspondants variant essentiellement en fonction des quantités de données.

De même, le niveau de structuration des données doit être simple. Le cas échéant, des structurations plus complexes peuvent être proposées.

précision de localisation, liens avec les autres référentiels, gamme d'échelle

La forme numérique conduit à stocker les objets en base de données, donc en les individualisant, indépendamment de leur transcription graphique. Cette caractéristique modifie la perception de la précision des données dans leur localisation et leur représentation. Elle conduit en outre à prendre en considération le "grain" des objets, c'est-à-dire le seuil de dimension réelle à partir duquel un objet ou un détail constitutif d'objet, est pris en compte..

La précision des données ne peut plus être qualifiée par la précision graphique de leur transcription globale, mais par la précision de localisation de chaque objet.
Faut-il entériner la proposition européenne d'échelles gigognes dans un rapport 10 (1/1000000, 1/100000, 1/10000, 1/1000, 1/100), en la traduisant en précision de localisation (décimétrique, métrique, décimétrique, …) et en niveau de grain ?

les fréquences d'actualisation

Faut-il privilégier quelques exploitations approfondies ou rapprocher les dates d'observation ?
Faut-il multiplier les formes technologiques de mise à disposition pour atteindre des clientèles nouvelles?

économie du référentiel

Un référentiel technique peut ne pas être utilisé si sa forme technologique n'est pas adaptée aux pratiques et aux moyens des utilisateurs, ou si son coût le met hors d'atteinte d'une majorité d'entre eux.

Aussi est-il nécessaire d'étudier particulièrement l'articulation entre l'infrastructure topographique, qui doit être largement et facilement utilisée, et les données thématiques d'intérêt général, dont la production dans des conditions stables et fiables garantissent l'utilité.

Par ailleurs, les conditions économiques générales : tarification, droits d'usage, droits d'auteur, modalités de distribution, … doivent être actualisées pour que les nombreuses applications de l'information localisée prennent la place qui leur revient dans la société de l'information.

Fiche établie à partir d'un document de travail du METL

avril 1999