Les utilisateurs publics de données géographiques de la Région Provence Alpes Côte d'Azur ont mis en place depuis plusieurs années un fonctionnement en réseau dénommé "tour de table PACA" qui s’est transformé en Comité Régional de l’Information Géographique (CRIGe PACA). Dans ce cadre, différentes réunions techniques sont régulièrement organisées sur les sujets intéressant les partenaires du tour de table. Les applications du GPS ont rapidement constitué l'un des thèmes important d'échange et une journée d'état des lieux et de débat leurs ont été consacrées le 23 mars 1999. La présente fiche restitue divers éléments du dossier de cette journée.
Partenaires et applications
Une quinzaine de membres du tour de table ont déjà mis en œuvre une ou plusieurs exploitations du GPS pour la localisation d'informations : les services départementaux d'incendie et de secours, la direction régionale des impôts, certains conseils généraux, l'INRETS, une chambre départementale d'agriculture, la Société du canal de Provence, le centre d'études et de recherche sur l'environnement et la gestion de l'eau (CNRS), un Parc naturel national, l'IFREMER, le CETE Méditerranée.
Les applications d'ores et déjà mises en œuvre sont nombreuses et diverses :
densification de canevas de points de triangulation : remaniement du plan cadastral,
relevés topographiques : pistes de défense contre l'incendie, description des équipements de lignes de bus, réseaux d'irrigation, chemins de randonnée, localisation de prélèvements en mer, trait de côte…
gestion routière : localisation d'accidents, gestion de réseaux, …
établissement de points côtés : impacts des remblais d'infrastructure,
environnement : localisation de points de mesure de pollution, localisation de contours particuliers intéressant la faune et la flore, suivi de glissement de terrain,
Le bilan réalisé par enquête pour la réunion du 23 mars a mis en évidence la confirmation de l'intérêt des techniques de localisation par GPS. La plupart des utilisateurs indiquent que leurs objectifs initiaux ont été atteints et beaucoup d'entre eux envisagent des exploitations ultérieures, tant pour procéder à des actualisations régulières des informations relevées que pour expérimenter de nouvelles applications.
Les bilans techniques établis à l'occasion des premières mises en œuvre permettent de tirer de nombreux enseignements tant sur les choix des équipements que sur les modalités de mise en œuvre ou l'organisation de l'accès à la balise fixe pour les procédures différentielles. Des problèmes de cohérence avec les référentiels topographiques traditionnels ont également été relevés.
le rÔle de l'animation
veille et développement technologique
Les techniques GPS évoluent très vite et l'organisation d'une veille technologique est indispensable. L'animation régionale est évidemment un cadre qui peut favoriser le partage des tâches et la rediffusion des informations. Cette rediffusion est essentielle et ne s'effectue pas facilement. depuis le niveau national. Il serait pourtant utile de faire plus connaître les travaux de groupes nationaux comme le groupe "positionnement statique et dynamique" du CNIG ou le "club GPS" initiés par les laboratoires des ponts et chaussées. En outre, les questions techniques sont nombreuses, comme la localisation en temps réel et le calcul différentiel actuellement, qu'il faut pouvoir adresser aux professionnels concernés. Le tour de table mettra sans doute assez prochainement en place un groupe de travail pour assurer l'animation nécessaire.
Le niveau régional est sans doute également le bon niveau pour associer dans cette veille et ces échanges techniques utilisateurs et chercheurs. Les premiers apportent en effet de nombreuses questions touchant aux conditions opératoires et aux applications nouvelles, les seconds apportent leurs compétences et leur disponibilité aux investigations nouvelles.
formation
Les problèmes de formation sont évidemment nombreux. Trois types de public sont à distinguer. Le premier niveau, primordial, est celui des décideurs et concepteurs. Il est en effet nécessaire qu'ils connaissent non seulement l'existence mais aussi les utilisations possibles de ces techniques, et les modalités de leur mise en œuvre. Le second niveau est celui des chefs de projet pour qu'ils intègrent correctement les caractéristiques des levés GPS tant pour la préparation des relevés de terrain que pour la conception des bases de données. Le troisième niveau est celui des opérateurs, pour qu'ils maîtrisent correctement les manipulations instrumentales et les conditions de mise en œuvre.
Certains partenaires du tour de table ont développé des programmes internes de formation et même, c'est le cas des services départementaux d'incendie et de secours, une formation de formateur. Le club SIG du ministère de l'Equipement envisage la réalisation d'une valise pédagogique.
Les milieux universitaires et de la recherche sont bien placés pour contribuer à ces actions de formation. Une partie de leur activité est en effet liée à l'enseignement et par ailleurs, il est aujourd'hui dans la politique du ministère de l'éducation nationale et de la recherche de valoriser les activités de la recherche orientées vers des applications concrètes et la formation.
équipement technique
Le bon fonctionnement en réseau appelle nécessairement une bonne connaissance des équipements existants. Le repérage de ces équipements est assez facile dans le contexte du tour de table, d'autant que le CNIG a également commencé un recensement. Par contre, il nécessaire d'approfondir le recensement des caractéristiques techniques et d'emploi de ces équipements.
Les premières expérimentations ont mis en évidence diverses limites d'emploi des équipements existants, en précision de localisation et facilité de mise en œuvre. Par ailleurs, plusieurs partenaires se sont récemment ou vont prochainement s'équiper (CETMEF, IGN, …). La connaissance de l'équipement existant que peut apporter le tour de table permet d'opter pour la solution technique la plus adaptée à l'application projetée et de rationaliser les choix d'équipements partagés. En particulier, la question de la précision recherchée est fondamentale. Il semble bien que 50 centimètres de précision et l’utilisation d’une balise bi-fréquence soit un objectif réaliste.
regroupement d'utilisateurs
Le tour de table favorise une mise à niveau rapide des différents utilisateurs. Cette rediffusion des savoir faire techniques est d'autant plus appréciée qu'il est indispensable que les techniciens maîtrisent et s'approprient toutes les techniques géomatiques modernes et pas seulement le GPS. Car c'est bien en montrant les apports de ces nouveaux outils dans les analyses et les restitutions que l'on peut réellement sensibiliser les décideurs et garantir le fonctionnement dans la durée de ces moyens. Il est donc indispensable de mettre en place les dispositifs permettant d’assurer à court et à moyen terme l’information, les comptes rendus d’expérimentation et les synergies locales.
la balise fixe du CIRCOSC
Le Conseil Régional PACA a équipé le Centre interrégional de coordination opérationnelle de la sécurité civile (CIRCOSC) d'une antenne réceptrice fixe monofréquence.
Les membres du tour de table peuvent actuellement accéder aux données GPS qu'elle recueille sur demande préalable, les données leur étant envoyées sur disquette.
Le Conseil régional a développé un accès serveur qui sera prochainement opérationnel et permettra des temps d'accès et de réponse optimaux.
Fiche établie par le groupe de travail à partir d'éléments du CRIGe PACA