Actualisation fiche 9 – thème sensibilisation

 

Normalisation

De la production initiale d’une donnée de base à son utilisation finale pour l’aide à la décision, le marché de l’information géographique concerne un très grand nombre d’acteurs qui valorisent et enrichissent cette information.

Mais pour que l’information circule, il faut qu’elle soit comprise et qu’elle reste utilisable à chacune des étapes de sa propagation. Le nombre d’acteurs intervenant dans ce flux - des producteurs de données, des collectivités locales, des administrations de l’Etat, des gestionnaires de réseaux, des sociétés de service, des utilisateurs privés - est sans cesse en expansion. Dès lors, au-delà de la rationalisation technique qu’offre déjà les standards des éditeurs les plus établis, la normalisation est un enjeu essentiel de la valorisation de l’information parce qu’elle permet ces flux, ces réemplois et cet enrichissement.

La présente fiche se propose d’éclairer les caractéristiques des normes en cours de préparation et de souligner les orientations perceptibles.

Généralités

Objet de la normalisation

L’objet de la normalisation est de permettre les échanges de données en altérant le moins possible leur signification et leurs caractéristiques. Pour être utilisable, une donnée géographique, qui décrit une portion de territoire, doit comporter quatre éléments distincts:

- des coordonnées qui permettent de situer les informations dans un système de référence connu,

- une nomenclature qui énumère les différents objets auxquels on s’intéresse,

- la " structuration " de ces objets, c’est-à-dire la description des liens qui peuvent exister entre certains d’entre eux, comme, par exemple, l’appartenance d’un bâtiment à une parcelle

- les caractéristiques de qualité de ces données.

Or, les formats informatiques de données des logiciels ne permettent pas de transmettre ces informations de façon satisfaisante, même si certains d’entre eux, très diffusés, peuvent être considérés comme des standards. A cela trois raisons :

ils dépendent de logiciels particuliers et n’offrent pas de garantie de durée et de rigueur,

aucun ne gère complètement les quatre caractéristiques de l’information géographique présentées précédemment,

ils ne s’appuient pas sur un vocabulaire commun.

Les différentes approches

L’information géographique est, pour une large part, issue de l’administration ou des services publics. Les stratégies nationales de normalisation sont donc fortement influencées par des aspects non techniques liés à l’organisation des pouvoirs publics.

Ainsi, suivant que l’on se trouve dans un pays où le cadastre a une vocation fiscale ou juridique, les flux d’informations géographiques générés sont très différents. Dans un système de cadastre juridique, chaque transaction d’achat ou de vente exige une validation des limites de l’objet de la transaction, ce qui conduit à une structure d’échange de " message ", assez courte mais fréquente, de type EDIFACT. Dans un système uniquement fiscal comme en France, ces échanges d’informations géographiques avec les utilisateurs n’ont lieu, au mieux, qu’une fois par an, lors de la mise à jour des données alphanumériques associées au plan cadastral. Il en résulte un concept d’échange par lots, auquel correspond en France la norme EDIGéO.

Par ailleurs, suivant que la responsabilité de la production d’information géographique est plus ou moins centralisée, le besoin de formaliser la description précise et stabilisée des produits cartographiques se fait plus ou moins pressant...

Enfin, l’échelle retenue pour la cartographie de base influe sur la complexité des fichiers à constituer. Plus l’échelle est grande et plus la représentation cartographie seule suffit à transmettre la totalité de l’information : une maison, un bâtiment, une voie, se reconnaissent à leurs formes et à leurs positions relatives. Mais à des échelles plus petites, les représentations cartographiques constituent des vues très généralisées et spécialisées d’entités généralement complexes : une zone urbanisée, un espace naturel, ... Une représentation cartographique particulière ne suffit plus à transmettre l’essentiel de l’information, il faut y adjoindre des indications relatives aux objets géographiques eux-mêmes, indépendamment de leur représentation.

Les normes

Étant par nature composites, les systèmes d’information géographiques mettent en œuvre des techniques et des compétences diversifiées (voir la fiche n° 48 Géomaticien un nouveau métier). Différents travaux de normalisation concernent de ce fait le choix et le développement d’un SIG : EDIGéO et la norme sur les métadonnées encadreront la constitution des bases de données, la construction du système d’information bénéficiera quant à elle des travaux effectués pour la norme ISO-SPICE. Enfin, la série des normes ISO 9000 a pour objectif d’améliorer la qualité du service ou de la production.

Cette liste n’est pas limitative. D’autres normes s’appliquent au développement des systèmes d’information et de la cartographie : spécifications garantissant l’ouverture des systèmes d’information, représentations cartographiques, etc. Leur intégration dans la pratique quotidienne les font oublier.

Des normes internationales sont également disponibles et peuvent concerner les maîtres d’ouvrage intervenant dans un contexte plus large.

La norme NF Z 52-000 ou norme EDIGéO

caractéristiques

La norme EDIGéO est destinée à l’échange d’informations géographiques numériques sur support informatique entre des systèmes d’information géographique.

Ses objectifs sont :

d’optimiser l’efficacité et le volume des échanges de données géographiques numériques,

de réduire au strict minimum le coût financier de ces échanges,

d’être indépendant des systèmes d’information géographique.

statut actuel

EDIGéO est aujourd’hui une norme NF. Publiée à titre expérimental en août 1992, la norme a été homologuée et a pris effet en juillet 1999.

La norme est complétée par une nomenclature générale des objets géographiques que publie le CNIG.

La norme EDIGéO est moins un « format » de données tel qu’on l’entend en informatique, qu’un ensemble de spécifications permettant de conserver la richesse d’un lot de données au cours d’un échange. De ce fait, un lot de donnés EDIGéO peut être échangé dans d’autres formats informatique que le format « texte ».

état d’intégration

- dans l’offre de données :

Les producteurs de données nationales intègrent la norme EDIGéO. Le Service du Cadastre l'a adoptée pour la mise en œuvre du plan cadastral informatisé. L’IGN propose également ses bases de données numériques dans ce format.

- dans l’offre logicielle :

La plupart des éditeurs de progiciels proposent des modules de conversion et d’acquisition ou d’exportation des lots de données au format EDIGéO.

certification

Le CNIG a mis en place un dispositif de certification composé d’un comité technique et d’un laboratoire de tests pour :

vérifier la conformité physique et la conformité logique de fichiers d’échanges, c’est-à-dire le respect des règles de la norme,

attribuer un certificat de conformité.

Le comité technique n° 287 du Comité européen de normalisation

la diversité européenne

Pour les raisons indiquées précédemment, les points de vue nationaux des pays rassemblés au sein du " comité technique n° 287 " du Comité européen de normalisation sont très variés. Cela a conduit à définir des normes européennes plus " ouvertes ", permettant notamment de traiter tant des échanges de type " message " que des échanges par lots.

Si les normes diffèrent d’EDIGéO, c’est essentiellement par le langage adopté pour le codage, transcription qui pourra être largement automatisée. Par contre, leur structure est très proche de celle d’EDIGéO que l’on pourra assimiler à un sous-ensemble de ces normes.

es différentes normes produiteLes normes européennes sont constituées d’un ensemble de huit normes :

Modèle de référence : description du domaine de l’information géographique ; identification des composantes à normaliser,

Description des données - Schéma spatial : géométrie des objets, relations spatiales entre les objets, liaisons avec les données non géométriques,

Localisation - Position : définition des concepts fondamentaux, système géodésique de référence et de leur mode de description (mais ne propose pas le choix d’un système particulier),

Localisation - Identificateurs géographiques : description des méthodes de documentation des identifiants géographiques - c’est-à-dire permettant de localiser des objets de position inconnue par rattachement à d’autres objets géographiques de position connue.

Qualité : modèle associant les principaux critères de qualité déjà définis dans EDIGéO : précision géométrique, précision sémantique, exhaustivité, ...

Métadonnées : liste ordonnée de " métadonnées " c’est-à-dire de " données sur les données ", à destination tant des producteurs que des utilisateurs, comprenant la classification des données, leur couverture géographique, des informations sur la qualité, la structure géométrique, et l’accès aux données.

Transfert : définition du schéma de transfert des données et des métadonnées, pour le transfert de fichiers, la messagerie ou le dialogue.

Requête et mise à jour : interface spécialisée entre deux systèmes d’information permettant à l’un de requérir des données de l’autre.

avancement et perspectives

Ces projets de normes ont été adoptés en 1998.

En Décembre 1998, le CEN/TC 287 a constaté qu'il avait mené à bien son programme de travail initial et a décidé de suspendre ses travaux.

Pour se préparer aux normes européennes, il conviendra de :

mettre en place des formations ad hoc, y compris au langage adopté pour la norme, EXPRESS,

développer des " profils spécifiques " permettant l’emploi effectif de ces normes à caractère générique. En particulier, il faudra vraisemblablement définir un profil " cadastre ", un profil " collectivité locale ", un profil " environnement ", ... d'ores et déjà deux profils nationaux ont été définis pour les normes "métadonnées" et "qualité".

promouvoir la norme " métadonnées " et son profil national et inciter les principaux producteurs, établissements spécialisés et administrations, à documenter leurs données en respectant cette norme.

Le comité technique ISO 211

Une démarche de normalisation en information géographique s’est également engagée au niveau mondial au sein de l’ISO. Le programme de travail du comité technique 211 de l’ISO est beaucoup plus ambitieux que celuidu TC287 du CEN. Si il comprend comme celui-ci les aspects normatifs liés aux données, son programme prévoit également des normes liées aux systèmes d’information géographique et aux services. Si, pour les parties communes aux deux comités techniques, les normes européennes ont été utilisées comme l’une des bases des travaux de l’ISO, la prise en compte pour les autres thèmes des besoins ou des spécificités propres à l’Europe dépend fortement de l’implication des acteurs européens concernés.

Le consortium OGC

En parallèle à ces travaux des instances officielles, les principaux acteurs du marché se sont regroupés au sein du consortium OpenGis afin d’arriver à un consensus sur des normes communes d’interopérabilité.

La présence des leaders mondiaux en SIG et en informatique générale au sein de ce consortium implique que, si l’objectif de consensus est effectivement atteint, les normes produites par OGC deviendront de facto les standards du marché.

OGC a conclu en 1999 un accord de coopération avec l’ISO facilitant la reconnaissance officielle de ses travaux.

La norme expérimentale sur les métadonnées

Les métadonnées sont constituées par les caractéristiques techniques qui décrivent les données géographiques. Afin de faciliter la constitution des dossiers décrivant les données, une norme expérimentale a été proposée au niveau européen : la norme européenne XP ENV 12567.

La norme propose une série de descripteurs comme : l’Identification du lot (Titre du lot, Version), l’Aperçu du lot (Résumé, Producteur, Type de schéma spatial, etc.), la Qualité du lot (Généalogie : Fournisseur Date de production, Source, Date de validité : durée de vie), Qualité, (Précision, Exhaustivité), etc.

La réflexion sur la meilleure façon de décrire les données a donc été effectuée et les maîtres d’ouvrage en tireront parti. Il pourront s’appuyer sur les travaux du CETUR qui met à la disposition des utilisateurs, une application leur permettant de constituer leurs métadonnées en base de données.

La série des normes ISO 9000

Les normes de la série ISO 9000 rassemblent de nombreux textes normatifs et pédagogiques publiées à partir de 1994. Une modernisation de ce référentiel a été produite en 2000.

Cette normalisation a pour but de promouvoir la qualité dans la production des biens et service en recherchant notamment la satisfaction de l’utilisateur final (client), la clarification des responsabilités dans le fonctionnement des processus de production des biens ou services, et une gestion explicite de la recherche de la qualité.

Les normes ISO 9000 cherchent en premier lieu à décrire l’organisation du travail en termes de processus de production, avec l’intention de les conforter, d’en garantir l’efficacité et la stabilité.

De ce fait, le maître d’ouvrage du SIG tirera bénéfice d’un recensement des processus de production qui composent on activité.

La norme ISO/SPICE décrite ci-dessous est une application aux processus de production des système d’information de la série ISO 9000-2000

La norme XPISO/CEI TR 15504 ou norme ISO/SPICE

L’efficacité d’un système d’information repose pour une part sur la qualité de ses processus de gestion. Le référentiel ISO/SPICE décrit les composants majeurs du management de ces processus.

Il offre un cadre conceptuel à l’organisation d’un système d’information en distinguant, par exemple, trois catégorie de processus

-                       les processus organisationnels : pilotage (management), infrastructure, amélioration des processus, formation,

-                       les processus de base : acquisition, fourniture, développement, exploitation, maintenance,

-                       et les processus de support : documentation, gestion de configuration, assurance de la qualité, vérification, etc.

Tous les processus référencés ne concernent pas les maîtres d’ouvrages d’un SIG à un niveau égal, car certains, comme le processus « développement » ne concernent, en principe, que les éditeurs de progiciels.

Mais dans l’ensemble, la norme apportera un guide utile au maître d’ouvrage.

Pour en savoir plus :

AFNORTOUR DE L’EUROPE

92049 PARIS LA DEFENSE CEDEX

téléphone : 0142915534

- nomenclature et certification : CNIG téléphone 01 43 98 83 12

Fiche établie par le CNIG novembre 2001