Fiche n° 54 thème « information »

 

 

 

Décision interministérielle

approuvée par le Premier ministre, diffusée le 19 février 2001

 

Le député Guy Lengagne, dans le cadre de l'investigation que lui avait confiée le Premier ministre pour actualiser les missions de l'IGN, a proposé un ensemble de mesures nouvelles. Son rapport, intitulé « Les perspectives d’évolution de l’information géographique et les conséquences pour l’IGN » a été remis au Premier ministre en septembre 1999 (cf fiche 33). Le ministère de l'équipement, des transports et du logement a été chargé d'instruire ses propositions. A cette fin, cinq groupes de travail ont été créés afin de déterminer les modalités pratiques de mise en oeuvre des propositions Lengagne. Le projet résultant des travaux menés a ensuite fait l'objet de consultations interministérielles et a abouti à la décision interministérielle, faisant l'objet de la présente fiche, approuvée par le Premier ministre et diffusée le 19 février 2001.

 

Le contenu de cette décision constitue le document cadre orientant la géomatique publique en France pour les prochaines années (contenu sur www.cnig.gouv.fr).

 

Cette décision comprend neufs points, tous importants, mais qui, ici, sont présentés en trois groupes :

- la constitution du référentiel aux grandes échelles (RGE),

- les recommandations concourant ou complémentaires à la réalisation du RGE,

- les recommandations concourant au développement du secteur de l'information géographique.

 

La constitution du RGE

La décision de réaliser un référentiel aux grandes échelles devant couvrir toute la France d’ici 2007 est la principale mesure prise par la décision interministérielle du 19 février. Le RGE doit contenir des objets géographiques cohérents entre eux, et notamment :

- une composante orthophotographique couleurs,

- une composante topographique,

- une composante parcellaire,

- une composante « adresse » destinée à la localisation des informations connues par leur adresse postale.

 

Le contenu de ce référentiel doit être simple, son accès doit être aisé tant techniquement que financièrement et quel qu'en soit l'usage. Il couvrira le territoire national d'ici la fin des contrats  Etat-Région du XIIe plan.

 

Ce référentiel aura une précision de 1 m environ, et de quelques dm dans les zones urbaines denses.

 

Le RGE sera réalisé par intégration de données pouvant ne pas toutes être produites par l’IGN, comme par exemple les données cadastrales qui continueront à être produites par la DGI (service du cadastre). Une mission d’intégration, nouvelle, est confiée à l’IGN. Elle est explicitée au paragraphe suivant.

 

La mise à jour de ce référentiel sera effectuée sur un rythme annuel. Pour les informations qu'il produit, l'IGN devra mettre en place un système de recueil et de gestion de façon à ce qu’un objet ne donne lieu qu'à une opération de collecte unique, quel que soit le produit dans lequel cet objet apparaît.

 

Mesures complémentaires à la réalisation du RGE

Elles sont au nombre de quatre, et décrivent successivement :

- l'actualisation des missions de l'IGN,

- la nécessaire coopération entre IGN et la DGI,

- le contrat d'objectifs pluriannuel de l'IGN,

- le rôle du CNIG.

 

Missions de l'IGN

Les missions actuelles sont confirmées : établissement, tenue à jour, édition et diffusion de données géographiques, de cartes topographiques de base et de cartes dérivées, exécution des travaux pour le ministère de la défense.

 

De plus, afin de permettre la mise en oeuvre du RGE, une nouvelle mission d’intégrateur est confiée à l'IGN pour les données géographiques de référence, et quel qu'en soit le producteur. Il apparaît en effet que plusieurs composantes du RGE, par exemple les adresses ou le parcellaire et le bâti, ne seront pas produites par IGN, tout en constituant des composantes essentielles du RGE.

 

Au delà du RGE, et afin de faciliter le développement de secteur privé de l'information géographique, il est prévu que l'IGN donne aux éditeurs ou producteurs d'application la liberté d'accès aux bases de données numériques des référentiel aux différents échelles, aux mêmes conditions financières que celles qu'il s'applique en interne. Cette condition s’étend aux productions cartographiques des entreprises privées, qui devront toutefois être démarquées de celles de l'IGN.

 

Coopération IGN - DGI

La direction générale des impôts en charge du cadastre contribuera à l'élaboration et à la mise à jour du RGE par la fourniture de données contenues dans le plan cadastral : parcellaire et bâti. A cette fin, la DGI et l'IGN entreprendront une collaboration qui n'affectera en rien les missions actuelles de la DGI ( cadastre) et n’en transférera aucune partie à l'IGN.

 

La convention cadre conclue entre l'IGN et la DGI (elle a été signée fin février 2001), définit les modalités techniques, juridiques et financières de la fourniture à l’IGN par la DGI des données cadastrales numérisées.

 

L’intégration de ces données dans la composante parcellaire du RGE sera effectuée par l’IGN, qui réalisera d’abord une phase méthodologique (2001), puis lancera une production pilote sur la Région de l’Ile de France d'ici la fin 2002. Le territoire national devra être couvert avant 2007.

 

L'IGN réalisera la meilleure continuité possible de données transmises par la DGI (cadastre) et assurera la cohérence de ces données avec les autres composantes du RGE.

 

La DGI (cadastre) transmettra également à l’IGN les informations de mise à jour pour le parcellaire et le bâti, qui les intégrera dans le RGE.

Contrat d'objectif pluriannuel de l'IGN

La préparation du prochain contrat d'objectifs de l'IGN devra s'assurer de la priorité donnée à la réalisation du RGE. Également, IGN devra veiller au développement rapide des sociétés du secteur géographique. Un suivi comptable sera mis en place à cet effet.

 

Rôle du CNIG

Le CNIG devra associer les utilisateurs et producteurs de données tant publics que privés pour contribuer à une expression cohérente des besoins en matière information géographique. La décision interministérielle lui demande également de participer au suivi de la mise en oeuvre du RGE. Cette expression des besoins ne se limite pas aux spécifications de contenu mais englobe les aspects légaux, économiques et conditions d’usage du RGE.

 

De plus, le CNIG précisera les besoins des utilisateurs sur deux domaines particuliers, le référentiel grandes échelles dans les zones urbaines denses et la composante « adresse » du RGE.

Mesures complémentaires

Elles sont au nombre de quatre et concernent la recherche et la formation, la politique européenne, l'information géographique comme outil de modernisation des services de l'état, et le conseil d'administration de l'IGN.

 

Recherche et formation

Trois axes de progrès sont identifiés :

- constitution d'un réseau de recherche et d'innovation technologique, à créer en concertation avec le ministère de la recherche. Il devra susciter l'innovation dans le secteur économique de l'information géographique,

- examen de la faisabilité et des modalités pratiques de création d'un pôle national de formation de haut niveau, sous l'égide de l'école nationale des sciences géographique, en collaboration avec les autres établissements d'enseignement public spécialisés du secteur (ESGT, ENSAIS, ESTP, école nationale du cadastre, CNFPT),

- poursuite avec le ministère de l'éducation nationale des actions et expérimentations milieu scolaire et universitaire. Une convention entre les deux parties organisera notamment l'accès aux bases de données et aux cartes de l'IGN à des fins pédagogiques.

 

Politique européenne

Le point principal est l’expression du soutien aux programmes européens visant à rendre interopérables les données publiques de référence, en particulier les applications liées au projet Galiléo et celles concourant au développement d'une composante géographique de la défense européenne. Par extension, il faudra sans doute inclure GMES et d’autres projets de la Commission comme contexte à prendre en compte.

 

L'information géographique, outil de modernisation de l'état

Il est demandé aux principaux ministères utilisateurs de préparer un schéma directeur permettant de développer l'accès, le partage et l'usage de l'information géographique. Le ministre de la fonction publique et de la réforme de l'état rendra compte au Premier ministre de l'avancement de ces démarches. A ce jour, seulement trois ministères ont semble-t-il initialisé une telle démarche (METL, MAP, MATE).

 

Conseil d'administration de l'IGN

 

La principale modification proposée est la composition du conseil. Il est chargé de l’élaboration et du suivi de la politique de l’Institut et devra dorénavant comprendre des représentants des collectivités locales afin de mieux prendre en compte, dans sa politique, les enjeux locaux en matière information géographique.

 

Impact

Cette décision interministérielle, si elle est prise en compte par les professionnels de l’information géographique, demande à être largement diffusée au sein des ministères utilisateurs. Il est par exemple essentiel que dans le cadre de l’application de la loi SRU, élaboration de SCOT, de PLU et de CC, ou dans le cadre de la PAC, les conséquences e la création du RGE  soient intégrées aux réflexions techniques des ministères. Compte tenu des échéances différentes qui ne permettent pas l’utilisation du RGE non encore réalisé, il est nécessaire de prendre les dispositions transitoires permettant de rendre ultérieurement les informations produites superposables au RGE.

Le CNIG dans sa mission d’accompagnement vigilant du RGE veille à ce que les dispositions prises n’injurient pas l’avenir.