SDIS ET SIG

EXEMPLE DE MISE EN OEUVRE AU SDIS74

 

 
 

Résumé

 

Les sapeurs pompiers sont sollicités pour intervenir partout en un temps limité. La connaissance du territoire est incontournable dans leurs missions puisqu’elle garantit la rapidité et l’efficacité de leurs interventions. La constitution de cartothèques de plus en plus sous forme numérique, à grande, moyenne et petite échelle est un enjeu stratégique pour les Services Départementaux d’Incendie et de Secours (SDIS).

La mise en place d’un Système d’Informations Géographiques (SIG) permet de constituer et gérer une cartographie du terrain précise et adaptée aux exigences des pompiers : du plan de bâtiment à la carte d’aide à la décision en passant par le plan de commune.

La présente fiche vise à présenter l’ensemble des dispositifs, actions et services mis en place et offerts par le SDIS 74.

 

Mots clés :

Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS), SIG, parcellaires,

atlas cartographiques, hydrants, référentiels localisants.

 

Le SDIS : un établissement public parfois mal connu

 

La loi du 3 mai 1996 (parfois dite de départementalisation) du code général des collectivités locales transfère la gestion des biens et des personnels sapeurs-pompiers des centres rattachés aux communes ou syndicats intercommunaux vers un établissement départemental : le SDIS.  Cette loi vise à renforcer l’égalité des citoyens devant  l’accès au secours d’une part, et à harmoniser la gestion des secours d’autre part. Le SDIS est placé sous la double tutelle du préfet sur le plan opérationnel, et du président du conseil d’administration (un conseiller général) sur le plan financier.

 

Le SDIS est chargé de la prévention, de la protection et de la lutte contre les incendies. Il concourt également, avec les autres services et professionnels concernés, à la protection et à la lutte contre les autres accidents, sinistres et catastrophes, à l’évaluation et à la prévention des risques technologiques ou naturels ainsi qu’aux secours d’urgence.

 

En Haute-Savoie, l’activité opérationnelle est gérée par un Centre de Traitement d’Alertes, relayé par quatre groupements territoriaux réunissant 120 centres et faisant appel à 399 pompiers professionnels et 2897 volontaires.

Le SDIS 74 a réalisé 35136 interventions en 2001, soit une toutes les 15 minutes, dans 61% des cas pour une assistance à personnes.

 

Le SIG au SDIS 74 : du plan papier à la base de données numériques

 

Le pôle «SIG/Cartographie» est chargé de la mise en place du SIG. Il a pour missions de :

 

-         recenser, organiser, gérer et analyser les bases de données cartographiques,

-         former et organiser l’activité des dessinateurs en vue de la production et la diffusion des plans, sous forme papier ou numérique.

-         participer à la mise en oeuvre et à l’utilisation d’outils et méthodes d’aide à la décision, en privilégiant une approche géographique des projets.

 

Dix personnes collaborent directement aux travaux de ce service :

-         un responsable de projet,

-         deux dessinateurs-cartographes,

-         sept pompiers formés en DAO,

ainsi que des interlocuteurs, professionnels ou volontaires, désignés dans chaque caserne pour établir des relevés et corrections de plans.

 

La gestion des secours au niveau départemental nécessite une bonne connaissance du territoire, et ce, à différentes échelles. La cartographie est présente à tous les niveaux décisionnels, sous forme papier ou numérique. Les besoins vont du simple repérage sur plan d’une ressource (poteau d’incendie ou établissement présentant un risque particulier par exemple), à la carte d’aide à la décision destinée à fixer les orientations à moyen et long terme en terme de couverture départementale par les services du SDIS 74. 

 

Les bases de données mises en place

 

La diversité des besoins des pompiers et les perspectives offertes par les technologies et l’offre en données géographiques font du projet SIG une étape logique  dans l’adaptation du SDIS74 au contexte technique et économique de l’information géographique.

 

Les plans de communes

En intervention, les pompiers ont besoin de renseignements très précis pour se rendre sur un accident.  Pour cela, ils utilisent des plans de communes à grande échelle : ce sont très souvent les plans améliorés des offices de tourisme locaux. La montée en puissance du projet SIG s’est longtemps heurtée à la faible disponibilité de données numériques à grande échelle, facilement exploitables, la principale difficulté étant de travailler sur un département à une échelle communale.

 

Aujourd’hui, de nouveaux plans sont en cours de réalisation, respectant une charte graphique sur l’ensemble du département. C’est le projet le plus important en terme de ressources et de moyens.

 

Il a été décidé de réaliser le travail de cartographie en privilégiant l’intégration des informations mises à disposition par d’autres collectivités ou par les communes. Quand ils sont possibles, les échanges se font à l’amiable ou sont formalisés par une convention.

Le SDIS74 passe aussi par un prestataire de données qui lui fournit des données de base que sont le Plan Cadastral Informatisé (seules quelques informations graphiques sont utilisées) et une orthophotographie, utilisée comme référentiel de calage. La juxtaposition de ces deux sources d’information permet de constituer des plans de communes à grande échelle.

Les communes sont cartographiées à des échelles au 1/5000 en zones rurales, et 1/2500 en zones urbaines densément bâties. Ces échelles ont été définies de manière à offrir un bon compromis entre lisibilité et niveau de détail. Ressources en eau (hydrants), nom de rues, bâtiments particuliers, et tout élément de repérage utiles doivent figurer sur ces plans.

Le département a été découpé en carrés de 2 km de côté (calés sur le découpage DFCI (Défense de la Forêt Contre l’Incendie), subdivisés en carrés de 200 m de côté possédant chacun une coordonnée.  Toutes ces références permettent de constituer des index cartographiques, pour faciliter le repérage.

 

La précision des documents demeure relative, l’objectif étant de connaître l’existence en tant que telle d’une route, d’un poteau d’incendie, d’un bâtiment à risque.

Une contrainte de précision est imposée pour la localisation des poteaux d’incendie. Un récepteur GPS est utilisé lorsque aucun plan n’est disponible. La précision imposée est une position sans équivoque par rapport aux côtés de la chaussée. Les corrections différentielles en post-traitement permettent d’affiner la qualité du positionnement.

 

Les éléments localisants constituent une base de données d’ «adresses» aidant à la localisation :

-         numéros et noms de voirie, 

-         points kilométriques sur les autoroutes,

-         croisements routiers, passages à niveau,

-         bâtiments publics remarquables, bâtiments à risques, grandes enseignes,

-         itinéraires et sites remarquables.

 

Chaque élément inclut notamment les références du plan sur lequel il se trouve.

Les bases de données routières sont des ressources très intéressantes de par les informations graphiques et alphanumériques qu’elles comportent, mais également topologiques pour des études de parcours en temps limité.

Le PCI apporte également des compléments d’information : lieux-dits, toponymes de voies, hydrographie, etc.

Une information rare mais très enrichissante est la mise à disposition des numéros de voirie sur les plans cadastraux. Ce sont d’excellents repères géographiques.

 

Les plans d’établissements répertoriés

Ces plans sont réalisés sur des établissements présentant des risques et  requérant la mise en oeuvre de moyens spécifiques.

Les dessinateurs travaillent très souvent à partir de plans papier fournis par des architectes ou les entreprises qui les transmettent. Les plans  numériques, vectoriels ou raster, sont encore peu fréquents.

 

Les services rendus

L’aide à la localisation au CTA (Centre de Traitement d’Alertes)

L’opérateur téléphonique du CTA, qui réceptionne et régule les appels d’urgence, doit localiser précisément un incident pour déclencher les moyens adaptés matériellement et géographiquement. La localisation automatique lors de la saisie de l’adresse est intégrée au logiciel de gestion de l’alerte depuis  1996. Essentiellement alphanumérique et complétée par quelques cartes raster, cette base de données doit évoluer en permanence pour être maintenue à jour. 

 

Le SDACR (Schéma Départemental d’Analyse et de Couverture des Risques) 

C’est un document d’aide à la décision qui fixe les orientations à suivre en matière d’organisation et d’équipements du SDIS. Il est basé sur un état des lieux des moyens existants rapporté aux différents risques à couvrir.

La cartographie est synthétique et thématique, à l’échelle départementale : cartes de densités de population, statistiques d’interventions par commune, cartes de délai d’intervention prenant en compte des simulations de déplacements des véhicules pour des délais et vitesses donnés…

 

Diverses cartes d’aide à la décision demandées par les services du SDIS pour optimiser la gestion des moyens, l’implantation d‘équipements spécialisés : service de santé, équipes spécialisées, matériels roulants...

 

L’ensemble de ces éléments constitue l’ossature du SIG du SDIS74.

 

De la production cartographique à l’aide à la décision

 

Aujourd’hui, le SIG est un outil servant principalement à la production de plans. Ses couches sont enrichies progressivement par des informations ponctuelles stockées en bases de données sous forme d’enregistrements dont les coordonnées (X,Y) associées à une représentation graphique permettent un affichage «à la volée». 

 

L’élaboration d’une telle base de données pose la question des mises à jour, d’autant plus importante que le niveau d’échelle est grand. Face à ce problème, il est désormais possible d’impliquer des interlocuteurs non spécialistes dans l’enrichissement des bases graphiques et alphanumériques,  via une consultation/modification sur un intranet. Ce projet, en cours au SDIS74, rend accessible à des utilisateurs non «experts» des outils de cartographie numérique, tout en leur offrant des fonctions d’aide à la décision.

 

 

Les progrès techniques en matière d’information géographique numérique et l’accroissement de l’offre de données, en plein essor, sont prometteurs pour l’enrichissement et la mise à jour réguliers des données vectorielles et/ou alphanumériques, en particulier dans le domaine routier.

 

La diffusion de ces informations sur des supports de plus en plus variés (ordinateurs portables, organiseurs de poche…)  pose la question de l’avenir du papier utilisé actuellement pour diffuser les cartes et plans au sein du SDIS74. Un début de réponse est apportée avec la mise en place progressive d’un intranet cartographique, ou encore l’utilisation de récepteurs GPS pour le secours en montagne. Ce nomadisme de l’information géographique implique à moyen et long terme  de trouver de nouveaux supports pour en assurer une diffusion et une mise à jour rapides  pour aboutir sur des solutions de cartographie embarquée fiables.

 

Vers un SIG départemental dédié à la sécurité civile

 

Le projet mené au SDIS 74, comme dans d’autres SDIS, implique de multiples acteurs, publics ou privés, par la variété des domaines de compétences concernés et les partenariats qui peuvent en découler. Si la sécurité est l’affaire de tous, la mise en place d’un SIG peut en être une illustration concrète.

 

Un tel projet passe par une collaboration renforcée entre le SDIS et les collectivités, les administrations,  où l’information géographique s’impose de plus en plus comme l’un des principaux vecteurs d’échange.

La loi de démocratie de proximité, qui prévoit, pour le moment, l’intégration des SDIS dans les conseils généraux à l’horizon 2006, peut être l’occasion de renforcer le rôle des SIG départementaux dédiés aux secours. 

 

 

 

 

 

 

 


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