Fiche du CNIG n° 93 - 2006

 

 

APPORTS D’UN SIG POUR LE SUIVI DE LA COLLECTE DES DECHETS PAR GPS

 

 

 

La Communauté d’Agglomération de Montpellier (CAM) a mis en œuvre en début d’année 2005 sur l’ensemble de son territoire le suivi de la collecte des déchets ménagers s’appuyant sur la localisation des bennes par l’utilisation de balises GPS et l’utilisation d’un réseau de communication de type GPRS. Ce projet a consisté à la mise en place d’un véritable Système d’Information Temps Réel impliquant du matériel fixe et embarqué, des logiciels généralistes et spécialisés comprenant une composante géographique conséquente. Les conducteurs d’une flotte de près de 80 véhicules et des utilisateurs finaux exploitent les informations recueillies.

 

La CAM est le maître d’ouvrage de la collecte sur l’ensemble de son territoire depuis le 1er janvier 2004. Elle en assure une partie en régie sur 14 communes, qui représentent environ 63 000 habitants, et a confié à trois entreprises privées le reste de son territoire (17 communes).

 

Les objectifs initiaux de l’outil étaient d’aider au suivi de la bonne exécution du contrat de collecte par les prestataires, d’améliorer la gestion du travail des équipes travaillant en régie, de mieux répondre aux réclamations des administrés, de mesurer les services rendus aux communes et d’aider à la décision par anticipation (ex : optimisation des tournées) ou en fournissant des réponses rapides aux évènements quotidiens.

 

 

 

 

 

 

 

 

LE CONTEXTE

 

Un habitant peut produire en moyenne 1.25 kg déchets/jour, ce qui représente pour la Communauté d’Agglomération de Montpellier (394 000 habitants) près de 170 000 tonnes/ an. La mise en œuvre de la filière de traitement des déchets pose des problèmes divers au niveau de la collecte, du traitement et du stockage. L’enjeu est à la fois financier pour l’administré, la collectivité, et écologique (développement durable) avec un « coût environnemental » pour les générations actuelles et futures.

 

L’agglomération de Montpellier a bénéficié au 1er janvier 2004, du transfert de la compétence « élimination et valorisation des déchets » de ses 31 communes membres. Cette compétence fait appel à un processus qui peut être modélisé suivant le schéma simplifié ci-après.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’usager procède au tri sélectif sur son lieu d’habitation et apporte une partie (ex : le verre) dans des lieux proches de son domicile (Point d’Apport Volontaire). Les bennes de collecte des déchets ménagers assurent le ramassage régulier des différents bacs des producteurs vers les différents lieux de traitements spécifiques (transfert, tri final, incinération…).  Ces traitements sont effectués avec des valorisations multiples et un stockage ultime des déchets résiduels.  Des entreprises spécialisées interviennent à tous les niveaux (ramassage, tri, stockage, valorisation…).

 

 

LES BESOINS

 

La réflexion préalable a fait émerger la nécessité de disposer d’un outil informatique répondant aux besoins suivants :

 

-          suivre l’exécution du contrat de collecte par les prestataires (ex. : vérification des lieux ou du créneau horaire de passage pour une adresse donnée),

 

 

 

-          améliorer la gestion du travail des équipes qui sont en régie (ex. : rapport humain facilité par l’objectivité de l’information produite et des évènements enregistrés,  contrôle du respect du code de la route pour une meilleure sécurité pour les agents),

 

-            aider à la décision par anticipation (ex: optimisation des tournées de collectes),

 

-          fournir des réponses rapides aux évènements quotidiens (circulation, intempéries, grèves, dégradation…),

 

-          informer les administrés et les communes membres de l’agglomération sur le service rendu,

 

-           traiter le territoire de façon équitable et adaptée (ex. : les tournées tiennent compte de la topographie, la densité de population, du type d’habitat et d’activités).

 

 

LA SOLUTION RETENUE

 

Les outils existants

 

La dimension spatiale évidente de cette problématique  a orienté notre choix vers une solution intégrant une dimension cartographique numérique. L’analyse de l’offre des systèmes existants répondant à ces besoins révèle deux familles d’outils :

 

-         l’aide à la conception et à l’automatisation des tournées de collecte (aide à la décision par anticipation),

 

-         le suivi en temps réel, historisation et l’exploitation des informations concernant les tournées.

 

Dans la première famille, les outils d’optimisation des tournées entièrement automatiques existants se sont avérés par le passé peu applicables (« algorithme du voyageur de commerce ») pour cette problématique car la meilleure tournée issue d’un algorithme aussi intelligent soit-il n’est pas forcément la tournée la plus compréhensible pour les administrés et pour les conducteurs. Il nous est apparu que seuls les outils d’aide à la conception des tournées (saisie semi-manuelle) apportent un réel service.

 

Globalement, la couverture des besoins de l’agglomération nécessite la réalisation de deux applications, l’une concernant les aspects gestion et exploitation – avec des développements importants à réaliser, l’autre le suivi des bennes par balise GPS.

 

 

Choix de la solution et du prestataire

 

Les architectures logicielles de tels outils peuvent présenter deux orientations principales :

 

-         soit l’application logicielle est développée autour d’un SIG généraliste existant qui est un « standard » du marché. L’inconvénient observé est en général une moins bonne intégration et une moins bonne ergonomie des modules. Par contre, l’avantage observé est un meilleur dialogue avec les autres systèmes d’informations de la collectivité avec notamment une plus grande compatibilité avec le SIG généraliste de la collectivité,

 

-         soit l’application logicielle inclut le développement d’un module cartographique spécifique. L’ensemble est généralement développé par une seule société. L’inconvénient observé peut être une certaine fermeture dans les échanges de format de données avec les autres systèmes d’informations de la collectivité ou des partenaires. L’avantage observé est en général une meilleure ergonomie du fait de la plus grande intégration des modules.

 

Les fonctionnalités de ce second type d’outils nous paraissaient mieux coller aux besoins du métier de la collecte. Cette dernière solution a donc été privilégiée.

 

L’architecture choisie a privilégié l’interopérabilité entre l’application spécifique de suivi GPS et le SIG Intercommunal avec un partage des usages entre les deux systèmes.  Le SIG « généraliste » de la CAM a pour vocation de répondre aux besoins les plus courants de l’ensemble des services de l’Agglomération (aménagement, urbanisme, habitat, assainissement, développement économique, transport…) et des communes membres. Il répond aussi aux besoins d’analyse spatiale en amont (ex : optimisation) et en aval (ex : analyse statistique) de la collecte des déchets.

 

 

Le choix du prestataire (et éditeur du logiciel) a été réalisé sur la base de références significatives dans la mise en œuvre d’un tel système.  Les critères de compatibilité avec nos systèmes d’information existant, les capacités de mise en œuvre opérationnelle très rapide et d’adaptation de l’outil aux besoins de l’agglomération (évolutivité) ont été pris en compte.

 

Choix du référentiel routier

 

La partie cartographique de l’outil choisi repose sur une base de données routières permettant à l’utilisateur de se repérer et de faire des recherches par noms de rue.

 

Cette base de données devra être exploitée par le SIG de l’Agglomération qui nécessite aussi le choix d’un référentiel routier pour l’Agglomération. En effet cette base de données doit être partagée pour divers usages avec les 31 communes de l’Agglomération avec un droit de diffusion en intranet et en extranet. Celui-ci se présente en général sous forme d’un filaire de voirie découpé en tronçons portant entre autres des informations sur les adresses postales (adresses de début et de fin coté pair et impair, le nom de la voie), les sens de circulation et autres restrictions. Les offres examinées étaient celles des éditeurs IGN, TELEATLAS et NAVTECH.

 

Le choix a été prononcé en fonction de la qualité (actualité de la description du réseau et exhaustivité de la couverture de notre territoire), des coûts, des droits d’usage et des fréquences de mise à jour. C’est la base NAVTECH qui a été retenue.

 

 

DESCRIPTION TECHNIQUE

 

L’architecture globale

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les véhicules équipés de calculateurs embarqués se connectent au réseau de transmission de données GPRS d’un opérateur GSM  et transmettent les informations à l’aide du système de localisation GPS.

 

Par rapport à l’ancien système de transmission radio, le GPRS (General Packet Radio Services) permet l’amélioration la couverture du territoire et des débits fournis par les réseaux GSM.

 

Les informations recueillies sont les suivantes :

 

-         localisation (X,Y)

 

-         incidents

 

-         évènements divers

 

-         données de pesage et levé de bacs.

 

 

L’ensemble des données est transmis à un serveur de l’Agglomération. L’architecture globale fait appel à une solution client-serveur en réseau informatique qui permet aux utilisateurs finaux d’exploiter ces données sur leurs postes clients équipés du logiciel d’exploitation (GEORED).

 

Les fonctionnalités présentes dans l’outil

 

Le système permet de :

 

         gérer et visualiser en temps réel l’activité des véhicules de collecte

         remonter, archiver toutes les données reçues et afficher les historiques de déplacements sur une cartographie

         comparer les prestations réalisées par rapport aux prestations prévues

         Sortir des statistiques, des ratios et des graphes sur l’activité journalière, hebdomadaire, mensuelle par commune, par zone…

 

 

 

 

Aspect humain

 

Avec le terminal de saisie très simple d’emploi, le conducteur de la benne peut transmettre des évènements survenus lors de la tournée de collecte (incidents)  ou des messages d’information utiles. Les conducteurs d’une flotte de près de 80 véhicules sont amenés à utiliser ce

terminal embarqué. Ce nouveau système a été bien accueilli et l’adaptation des conducteurs a été rapide.

 

Des cartographies et des listings des incidents sont édités à partir de ces données sur les postes clients de l’application par des utilisateurs finaux (ex: contrôleur).

 

 

BILAN

 

Déroulement du projet

 

Le projet s’est déroulé selon les phases suivantes :

 

-         test en condition réelle d’un outil partiel en phase de test (janvier 2004),

 

-         analyse de solutions existantes (mai 2004),

 

-         rédaction cahier des charges (septembre  2004),

 

-         appel d’offre (octobre 2004),

 

-         choix de la solution GEORED de SABATIER (novembre 2004),

 

-         adaptation de l’outil aux besoins de l’Agglomération,

 

-         mise en œuvre solution (décembre 2004),

 

-         test et exploitation partielle (janvier à mars 2005),

 

-         exploitation à l’ensemble du territoire (Depuis fin mars 2005).

 

 

Coûts initiaux

 

Les coûts des équipements par véhicule se décomposent ainsi :

 

-         aménagement d’un véhicule 365,88 €

 

-         calculateur embarqué GEOSAB (récepteur GPS, modem GPRS, Alimentation 12 volts, antenne GPS/GSM) : 900 €

 

-         installation du matériel embarqué GEOSAB : 175 €

 

-         abonnement mensuel GPRS en 10 Mo : 15,20 € HT

 

Les coûts en licences (licences multipostes logiciel GEORED, base de données NAVTECH) et les prestations associées (ex. : installation, formation…) ont été inférieurs à 30 000 Euros. Ce coût ne tient pas compte des matériels informatiques (serveur et PC) déjà existants à la CAM.

 

Usage effectif de l’outil

 

Après une année d’utilisation de l’outil, les usages effectifs sont les suivants :

 

-         suivi et contrôle de l’ensemble des véhicules par plus d’une dizaine de contrôleurs de l’agglomération et les gestionnaires des entreprises concernées,

 

-         réalisation de comptes rendus quotidien par les entreprises,

 

-         réalisation de bilan  mensuel  et annuel,

 

-         localisation des points d’apport volontaire (verre et emballage),

 

-         demande spécifique liée à la sécurité (ex. : contrôle de la vitesse…)

 

-         optimisation de la gestion du temps de travail.

 

Le gain de productivité de la mise en place d’un tel outil n’a pas été évalué en détail. Cependant les décideurs et les utilisateurs ont constaté que cet outil a produit une amélioration sensible du service de collecte des déchets sur les aspects suivants :

 

-         le rendement des véhicules pour les entreprises et la régie,

 

-         le service rendu du point de vue quantitatif et qualitatif (ex. : tri sélectif) pour un coût identique

 

-         l’équité du service à l’ensemble des administrés,

 

-         le management des agents (gestion du temps, de la sécurité…),

 

-         le dialogue entre les acteurs sur la base d’une information objective,

 

-         l’information auprès des usagés (réactivité et objectivité des réponses).

 

 

Usages à venir

 

-         réalisation de synthèse cartographique des incidents,

 

-         aide à la préparation de la Collecte des végétaux par pesage embarqué,

 

-         amélioration de l’ergonomie des différentes éditions (bilans, cartes…),

 

-         meilleure diffusion de l’outil auprès d’autres utilisateurs dans les services de l’Agglomération,

 

-        

 

 

Interlocuteurs 

 

 

Luc FRAPOLLI, Chef de projet de l’application de suivi de la collecte, Direction de la Prévention et de la Gestion des Déchets

 

Marc APARICIO, Responsable du service SIG, Direction de l’Urbanisme et de l’Aménagement

Agglomération de Montpellier

Tél : 04.67.13.60.00
Fax: 04.67.13.64.44
m.aparicio@montpellier-agglo.com

 

 

.../information/exemple/sensibilisation/réflexion/méthodologie/état  des lieux/point de vue/technique/…