Fiche du CNIG n°99 - 2006

 

 

L’ARCHEOLOGIE PREVENTIVE

 

 

L’archéologie préventive, née de l'essor des grands chantiers d'aménagement et des rénovations qui remodèlent depuis les années soixante, sur des échelles jusqu'alors inconnues, le paysage français, s'est pendant près de quarante ans développée progressivement de manière empirique, en dehors d'un cadre légal adapté. Son essor est en effet postérieur à la loi validée de 1941 sur l'archéologie qui ne pouvait offrir un cadre pertinent pour l'exercice de cette activité scientifique soumise au rythme et au calendrier de réalisation des opérations d'aménagement et de construction.

 

Ainsi, les services de l'Etat, constatant les menaces que les travaux d'aménagement faisaient peser sur le patrimoine national, sont peu à peu parvenus à imposer la réalisation d’opérations archéologiques préalables et à faire participer les aménageurs à leur financement.

 

Bien que des pans entiers du patrimoine national aient, de ce fait, été préservés, sans que l'aménagement du territoire en soit notablement perturbé, cette carence juridique a pesé sur l'archéologie en général et sur ses différents acteurs, qu'ils soient institutionnels, associatifs ou bénévoles, alors même que cet aspect de la discipline archéologique, qui fournit 90 % des données scientifiques, est un outil majeur de gestion des traces de notre passé et de restitution de l'histoire du cadre de vie.

 

LA LEGISLATION RELATIVE A L’ARCHEO-LOGIE PREVENTIVE

 

La loi du 17 janvier 2001 relative à l’archéologie préventive a constitué un événement sans précédent dans l’histoire de l’archéologie nationale. Premier parmi ces principes est l’affirmation du rôle de prescription, de contrôle et d'évaluation scientifique de l'Etat qui a la responsabilité d'assurer, en tout temps et en tout lieu du territoire, l'égalité de prestations, de coûts et de délais dans le traitement du patrimoine archéologique.

Pour la réalisation des opérations d’archéologie préventive, la loi crée un établissement public à caractère administratif, placé sous la double tutelle du ministère de la culture et du ministère chargé de la recherche. Il a pour mission d'effectuer, pour le compte de l'Etat, les opérations de diagnostics et de fouilles rendues nécessaires par les risques de destruction de vestiges archéologiques à l'occasion de travaux, et, dans ce cadre, d'assurer des missions de recherche, de publication, de diffusion, d'animation et de formation.

 

La loi du 17 janvier 2001 a adopté le principe d'une double redevance : l’une pour les opérations de diagnostic, l’autre pour les opérations de fouille archéologique préventive.

 

Une nouvelle loi pour l’archéologie préventive le 1er août 2003 apporte une réforme sur deux points essentiels du dispositif :

 

·          le partage du monopole de l’INRAP en matière de diagnostics avec les services archéologiques agréés des collectivités territoriales, les diagnostics étant financés par une redevance faisant appel à un nouveau mode de calcul ;

 

·          l’ouverture des fouilles à la concurrence : elles peuvent désormais être réalisées par des opérateurs publics ou privés agréés et sont financées au prix du marché. L’aménageur devient maître d’ouvrage pour la réalisation des fouilles et contracte avec un opérateur agréé de son choix qui facture sa prestation.

 

La réforme législative voit l'Etat confirmé dans son rôle de garant de la qualité scientifique des opérations d'archéologie préventive : il prescrit les dites opérations et en contrôle la réalisation ainsi que l’exploitation scientifique des résultats. Il lui revient également d’assurer la conciliation entre les exigences de cette mission d'intérêt général et les impératifs de l'aménagement du territoire.

 

La loi renforce l’action des services archéologiques des collectivités territoriales, puisqu’elle prévoit désormais que la réalisation des diagnostics sera partagée entre les services archéologiques des collectivités territoriales et l'INRAP. Les collectivités locales dotées d'un service archéologique agréé peuvent ainsi décider soit de réaliser ponctuellement un diagnostic, soit de prendre en charge la réalisation de l'ensemble des opérations de diagnostic prescrites sur leur territoire pendant une durée de trois ans renouvelable. En matière de diagnostics, la loi conserve donc un monopole public, justifié par la nécessité de garantir l'objectivité de ces opérations, dont l’objectif est de détecter et de caractériser les vestiges archéologiques éventuels présents dans le sous-sol, et qui permettent à l'Etat de prescrire les mesures de sauvegarde appropriées.

 

L’une des grandes nouveautés de la loi du 1er août 2003 réside notamment dans l’ouverture de la réalisation des opérations de fouille à des opérateurs privés qui auront obtenu, pour ce faire, un agrément préalable. La loi prévoit en effet que l'aménageur assume dorénavant la maîtrise d'ouvrage de l'opération de fouilles archéologiques préalable à ses travaux propres. Pour ce faire, il peut faire appel à l'INRAP, mais également à un service archéologique de collectivité territoriale ou toute autre personne morale de droit public ou privé dès lors qu'ils ont été agréés et que l’Etat a approuvé le projet d'opérations de fouilles, et désigné, sur proposition de l’opérateur, le responsable scientifique des fouilles. Conformément à sa mission de service public, l'établissement public est tenu de réaliser les fouilles en cas de défection de tout autre opérateur potentiel.

La loi du 1er août 2003 instaure un nouveau dispositif de redevance, perçue sur l'ensemble des projets affectant le sous-sol entrepris sur une emprise ou un terrain d'assiette supérieur à 3 000 mètres carrés.

 

La loi n° 2004-804 du 9 août 2004 pour le soutien à la consommation et à l’investissement a intégré un certain nombre d’amendements visant à faire évoluer le système de la redevance d’archéologie préventive sur plusieurs points.

 

Désormais, la loi n° 2001-44 du 17 janvier 2001 relative à l'archéologie préventive, ainsi modifiée à deux reprises, est intégrée au code du patrimoine avec la loi validée du 27 septembre 1941 portant réglementation des fouilles archéologiques.

 

LES ACTEURS DE L’ARCHEOLOGIE PREVENTIVE

L’Etat

 

La direction de l'architecture et du patrimoine du ministère de la culture définit, en liaison avec les administrations (recherche, enseignement supérieur) et organismes (CNRS, INRAP, CNRA) compétents les programmations nationales de la recherche archéologique. Elle conçoit la politique d’inventaire, d’étude, de protection, de conservation et de valorisation du patrimoine archéologique. Elle définit les orientations méthodologiques et les modalités de contrôle scientifique.

 

La direction de l'administration générale assure notamment la coordination en matière juridique, budgétaire, fiscale et professionnelle, des relations du ministère avec ses établissements publics, avec les DRAC et les autres ministères (budget, fonction publique, intérieur…) ; les études et recherches sur les aspects scientifiques, technologiques, sociologiques et économiques du domaine culturel.

 

Le service régional de l'archéologie au sein de chaque DRAC a pour mission d'étudier, de protéger, de conserver et de promouvoir le patrimoine archéologique de la région. Il veille à l'application de la législation et de la réglementation ; il prépare la programmation des fouilles et prospections annuelles en tenant compte des recommandations nationales ; il prescrit, contrôle, et éventuellement dirige les opérations d'archéologie préventive rendues nécessaires par les aménagements du territoire (diagnostics et fouilles) ; il gère la carte archéologique informatisée Patriarche et la documentation ; il veille à la publication du résultat des recherches ; il contrôle les dépôts des fouilles et coordonne l'activité archéologique dans la région, en engageant notamment les actions d'animation et d'information du public.

 

Le conseil national de la recherche archéologique CNRA, placé directement auprès du ministre de la culture, est le garant de la cohérence des politiques scientifiques en matière d’archéologie au niveau national.

 

Les commissions interrégionales de la recherche archéologique CIRA, instances d’évaluation et de propositions scientifiques placées auprès de chacun des préfets de région, examinent les questions relatives aux recherches archéologiques qui relèvent de leur ressort géographique en fonction d’axes de priorités définis au plan national et déclinés aux plans interrégional et régional.

Les services archéologiques des collectivités territoriales

Les services archéologiques créés par les communes, groupements de communes, départements et régions, voient, avec la loi du 1er août 2003, leur rôle d’opérateurs d’archéologie préventive renforcé et clarifié. En matière de diagnostics, ils peuvent choisir de réaliser l’intégralité des opérations prescrites par les SRA dans leur champ territorial pour une période de trois années renouvelable.

 

L’institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP)

 

L’Institut national de recherches archéologiques préventives, établissement public administratif créé par la loi du 17 janvier 2001, a pour mission d’exécuter en tous points du territoire national les opérations d’archéologie préventive prescrites par les services de l’Etat en charge de l’archéologie. Outre sa fonction d’opérateur, l’INRAP assure l’exploitation scientifique de ses activités et la diffusion de leurs résultats, notamment dans le cadre de conventions de coopération conclues avec les établissements publics de recherche ou d’enseignement supérieur.

 

Pour l’exécution de ses missions, l’établissement a adopté une organisation déconcentrée structurée par huit directions interrégionales, qui s’appuient elles-mêmes sur un maillage de soixante-dix bases archéologiques, structures fonctionnelles au niveau départemental.

Les opérateurs privés

Les fouilles, autorisées et contrôlées par les services   déconcentrés   de   l ’Etat   en   charge de

l’archéologie, peuvent désormais être conduites par des opérateurs privés et sont financées au prix du « marché » sous certaines conditions :

 

·          l’opérateur privé doit avoir préalablement reçu un agrément qui garantit qu’il dispose de personnels permanents justifiant des qualifications requises en matière d’archéologie. L’agrément est accordé pour une durée de cinq ans et est renouvelable,

 

·          la réalisation de l’opération de fouille préventive fait l’objet d’un contrat entre l’aménageur et l’opérateur qui détaille les conditions de l’intervention de ce dernier. La conformité de ce contrat au cahier des charges scientifiques est contrôlée par les services de l’Etat en charge de l’archéologie qui autorisent ou non l’engagement de l’opération sur cette base.

Le CNRS et l’université

 

Bien que n’étant pas opérateurs en tant que tels, le CNRS et l’Université constituent des acteurs essentiels de l’archéologie préventive de par leurs actions de valorisation des résultats des opérations de diagnostic et de fouille et à leur restitution, notamment par le biais des structures et des programmes participatifs de recherche que sont les unités mixtes de recherche (UMR), les projets collectifs de recherche (PCR) et les actions collectives de recherche (ACR). Ils peuvent par ailleurs être appelés, en raison de leur expertise scientifique particulière, à encadrer des opérations d’archéologie préventive par des conventions de collaboration avec certains opérateurs tels que l’INRAP.

 

L’INFORMATION TOPOGRAPHIQUE ACQUI-SE SUR LE TERRAIN

 

Les modalités d’enregistrement peuvent varier d’une fouille à l’autre, cependant, l’analyse topographique du terrain est systématique. Elle se traduit par le repérage du site dans l’espace et la matérialisation de points de référence fournissant un cadre de référence calé et géoréférencé (carroyage, triangulation) pour localiser toutes les découvertes ou observations de la fouille. Des relevés de plans et de coupes sont également réalisés.

 

L’information acquise sur le terrain par l’archéologue est de donc type topographique, c’est-à-dire en 3 dimensions. Les mesures en altitude Z (positives ou négatives) peuvent être prises à l’aide d’outil simple comme un niveau de chantier et les coordonnées X et Y manuellement. Les nouveaux outils comme le une station tachéomètre laser (station scanner 3D) permettent aujourd’hui une prise de mesures plus précises. Cet enregistrement des informations est quotidien.

 

Le relevé topographique en 3 dimensions se fait à des échelles de précisions diverses, pouvant allant à l’échelle millimétrique ou plus. Il sert à l’analyse spatiale des traces matérielles et des artéfacts laissés par une société. L’espace peut varier selon le contexte archéologique abordé : un foyer, une maison, un village, une région… Le système d’enregistrement des données définit donc l’échelle et la précision de cette analyse, au même titre que le mode d’échantillonnage ou la technique de fouille.

 

La mise en œuvre de la topographie réalisée sur le terrain et le mode d’enregistrement des données seront ainsi différentes selon qu’il s’agisse d’une fouille extensive par grand décapage avec des structures très dispersée, d’une fouille urbaine avec une densité des vestiges très complexe, d’une fouille extrêmement fine de type ethnographique analysant les composants élémentaires.

 

LA CARTE ARCHEOLOGIQUE NATIONALE

 

Conformément à l’article L 522 du code du patrimoine, l’Etat est chargé d’élaborer et de mettre à jour la carte archéologique nationale. Cette responsabilité repose en premier lieu sur les services déconcentrés du ministère de la culture et de la communication en région (DRAC) et en leur sein sur les services régionaux ayant en charge l’archéologie (SRA). Cette action se décline selon les trois missions suivantes :

·          réaliser la carte archéologique au niveau régional

·          gérer la documentation scientifique dont les archives de fouille

·          tenir à jour l’application informatique nationale Patriarche.

 

Historique 

 

La notion de carte archéologique nationale, telle qu’elle apparaît aujourd’hui dans le code du patrimoine, est le fruit d’une évolution sémantique et conceptuelle qui s’est appuyée sur les réflexions de la communauté des archéologues, des fondateurs nationaux et internationaux du droit du patrimoine et, depuis 2001, en France des débats au Parlement.

Cinq étapes majeures marquent l’évolution en France du recensement des gisements archéologiques :

 

·          la nécessité de disposer d’un inventaire des sites archéologiques national a été posée par une circulaire du ministre de l’Intérieur de 1838

 

·          en 1945, avec la validation de la loi de 1941, la notion d’inventaire cartographié des gisements archéologiques et des fouilles effectuées voit le jour

 

·          la nécessité d’un inventaire informatisé est affirmée en 1974 peu avant le grand développement de l’archéologie préventive

 

·          un recensement du patrimoine archéologique comprenant inventaire et cartographie des sites connus bénéficiant des résultats des opérations liées aux travaux d’aménagement du territoire dans les années 90

 

·          la carte archéologique dans le code du patrimoine.

 

En 2001 le Parlement confère une existence législative à la carte archéologique nationale, faisant de son élaboration une mission de service public essentielle dont la responsabilité incombe en premier lieu à l’Etat. Le législateur inscrit en outre :

 

·          la nécessaire collaboration avec les établissements publics ayant des activités de recherche en archéologie et les services des collectivités territoriales

 

·          l’indispensable communicabilité d’extraits de la carte

 

·          la définition de zones à partir des informations disponibles comme aides à la décision sans faire pour autant de la carte archéologique nationale un document administratif définitif opposable aux tiers.

 

 

Définitions et objectifs de la base des données archéologiques géoréférencées

 

La carte archéologique nationale est la seule base de données recensant la totalité du patrimoine archéologique connu sur l’ensemble du territoire. La DRAC et en son sein le service régional ayant en charge la gestion de l’archéologie dresse ainsi, pour son territoire de compétence, un recensement systématique des gisements archéologiques et de tous les types d’opérations archéologiques autorisées qui la concerne, contribuant en cela à cet inventaire national tenu à jour.

 

La base ainsi constituée bénéficie de plus d’une interprétation apportée par des archéologues professionnels dans leur fonction d’expertise : ce sont donc des données validées.

 

En fonction des fonds cartographiques disponibles par conventions et selon le degré de précision quant à sa localisation, le SRA enregistre les données disponibles et critiquées en les assortissant d’un géoréférencement.

 

Toute opération archéologique autorisée est aussi rattachée à une « source » (ouvrages ou articles publiés, rapport de prospections, de diagnostics ou de fouilles...). Chaque site ou gisement archéologique peut donc être ainsi rattaché à une ou plusieurs entités archéologiques (EA) qui constituent le niveau élémentaire permettant de regrouper une interprétation, une chronologie et une localisation.

 

Il s’agit donc d’un inventaire qui se veut exhaustif en ce qui concerne les informations disponibles mais qui reste évolutif. L'outil vise à l’exhaustivité de ce qui est connu par les archéologues et à la plus grande précision en matière de localisation, de chronologie et d’interprétation.

 

C’est la capacité d’expertise des archéologues qui est en jeu à ce stade, à la fois dans la sélection des informations mais aussi dans la phase d’interprétation en s’appuyant notamment sur les avis des experts de la CIRA dans le cadre du contrôle a posteriori.

Cette plus-value scientifique collective qui constitue la validation de la donnée reste très originale en Europe. La carte archéologique contribue, par le croisement des données disponibles avec d’autres types d’information d’ordre géologique ou topographique, à la mise en place des zonages de saisine des dossiers d’aménagement, même si les résultats disponibles dans la base à ce jour ne sont qu’un critère parmi d’autres dans les choix de zonages et de seuils.

 

Le code du patrimoine a prévu la communication des données de la carte archéologique nationale sous forme d’extrait aux propriétaires, aux maîtres d’ouvrage et aux services instructeurs de l’Etat ou des collectivités territoriales. Ceux-ci peuvent, dans une logique d’étude d’impact, soit anticiper la demande de réalisation de diagnostic, soit travailler à la modification de leurs projets dans un souci de conservation du patrimoine et d’économies en temps et/ou en moyens.

 

La réalisation de la carte archéologique nationale

 

Document évolutif, la carte archéologique nationale est l’objet de bilans annuels régionaux dans le cadre des CIRA, qui permettent de prendre la mesure des conditions de sa réalisation, des lacunes mais aussi des avancées significatives par territoire ou par thème.

Celle-ci se confirme comme une œuvre de longue haleine et non une action ponctuelle qui pourrait être achevée dès lors que les moyens seraient disponibles. Méthode, acteurs et outils constitueront le triptyque de ce premier bilan pluriannuel.

 

Méthode  : des terrains d’études à l’enregistrement dans la base de données

La première étape est le recueil des données de terrain dont la première forme reste l’enquête orale auprès des informateurs locaux, notamment dans le monde agricole ou forestier. Elle s’appuie encore largement sur les archéologues amateurs, sans qu’elle soit pour autant délaissée par les archéologues professionnels, au CNRS et dans les universités, où c’est l'une des bases de la formation des étudiants. Plus globalement ce sont tous les types d’opérations archéologiques de terrain qui sont sources de données pour la carte archéologique nationale, avec toujours une exigence de précision notamment géographique la plus grande possible.

 

La seconde étape repose sur les SRA : elle consiste en un dépouillement documentaire où la capacité d’analyse des services, soumet les résultats de terrain à un travail critique et normatif pour l’enregistrement dans la base de données.

 

La dernière étape part du dépouillement documentaire précédent enrichi de la validation critique d’un expert pour transcrire dans l’outil informatique Patriarche, les informations qui entourent l’entité archéologique (EA) retenue, unité archéologique élémentaire référente. Parmi ces informations, l’affectation de coordonnées géographiques à l’EA la localise dans le territoire national et contribue ainsi à la fabrication de la cartographie proprement dite.

 

Acteurs : les nécessaires partenariats scientifiques en amont

Réglementées par le code du patrimoine mais largement héritières des pratiques des services régionaux, les collaborations avec les autres archéologues sont le fondement même de la constitution de ces données. Tous les acteurs de l’archéologie et en particulier les collectivités territoriales dotées de services archéologiques, agréés ou non, ont donc vocation à participer à l’élaboration de la carte archéologique nationale.

 

Outil : Patriarche, nouvel outil informatique support de la carte archéologique nationale

L’application Patriarche, qui gère notamment la carte archéologique nationale, conçue par les services du ministère de la culture et de la communication, est aujourd’hui disponible dans tous ses services. Patriarche est constitué d’une base de données sous Oracle, d’un gestionnaire de requêtes (Business objects) et d’un système d’information géographique (SIG) (Arcview 3).

 

Chaque service régional de l’archéologie saisit les données concernant sa région dans l’application et dispose également des fonds de cartes numérisés indispensables à la représentation cartographique des données à l’échelle nécessaire (le cadastre dans certains cas et systématiquement les cartes IGN au 1/25 000e) ainsi que de plusieurs autres fonds.

 

Au niveau national, la DAPA traite des données concernant l’ensemble du territoire national, seuls les contours administratifs de la France (pays, régions, départements, communes) sont utilisés.

 

Communication et communicabilité des informations

 

La loi (code du patrimoine) affirme le principe de la communicabilité de la carte archéologique nationale sous réserve des exigences liées à la protection des sites archéologiques.

 

Le décret du 3 juin 2004 définit pour cela deux catégories d’information en fonction des destinataires.

 

Document graphique annexé au PLU de la commune d’ANGERVILLE (Essonne)

    Légende

 

Limites communales : « IGN – Base de données cartographiques (2000) »

 

Zones N du PLU au titre de l’archéologie

 

 

Les publics concernés sont donc la communauté scientifique des archéologues (culture, CNRS, universités, INRAP, services archéologiques de collectivités territoriales, chercheurs amateurs), les collectivités territoriales mais aussi les bureaux d’études et les aménageurs dans le cadre de leurs projets. 

La carte archéologique est également régulièrement sollicitée pour répondre aux études d’impact et au traitement des procédures d’urbanisme (cartes communales, PLU et même SCOT).

 

Un outil de diffusion des données archéologique : l’atlas de l’architecture et du patrimoine

 

Le projet “ Atlas de l'architecture et du patrimoine ” a été initié par la direction de l’architecture et du patrimoine pour répondre au besoin d’une restitution de la connaissance des patrimoines ethnologique et ethnographique, archéologique, architectural, urbain et paysager.

 

Cette restitution est commandée soit par des obligations réglementaires de publication comme pour les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) ou les zones de présomption de prescription archéologique prévues dans le code du patrimoine, soit nécessaire pour servir aux intérêts de la protection, de la gestion et de la valorisation du patrimoine, de la recherche scientifique notamment en archéologie.

 

L’objectif prioritaire de l’Atlas de l’architecture et du patrimoine est de partager entre services patrimoniaux et établissement publics de l’Etat, services archéologiques des collectivités territoriales et opérateurs en archéologie, les données élaborées par chacun d’entre eux, mais utiles dans l’exercice de leurs missions spécifiques. Il s’agit donc dans un premier temps d’optimiser l’exploitation des données spatiales existantes et d’améliorer leur accessibilité et leur interopérabilité.

 

 

LES ZONES DE PRESOMPTION DE PRESCRIPTION ARCHEOLOGIQUE ET LA PRESCRIPTION ET MISE EN ŒUVRE DES OPERATIONS D’ARCHEOLOGIE PREVEN-TIVE

Le code du patrimoine et le décret n° 2004-490 du 3 juin 2004 organisent l’instruction, par les préfectures de région, des projets d’aménagement ou de travaux affectant le sous-sol afin d’en évaluer l’impact archéologique et de prescrire les mesures de détection et, le cas échéant, de conservation et de sauvegarde par l'étude scientifique qui s’imposent.

Carte archéologique de Rennes

Illustration du porté à connaissance PAC : opérations archéologiques (diagnostics, fouilles programmées, fouilles préventives, sauvetages urgents), structures archéologiques, mentions de découvertes fortuites et dossiers d’urbanisme instruits

 

Mentions de découvertes fortuites

Structures archéologiques

Diagnostic

Fouille préventive

Fouille programmée

Sauvetage urgent

Dossiers d’urbanisme instruits

Zonage archéologique

 

 

 

Les zones, secteurs de sensibilité archéologique particulière

 

Les zones, secteurs géographiques de sensibilité archéologique, sont la traduction des éléments de contexte connus ou fortement présumés dans lesquels les aménagements sont susceptibles de s’insérer. Ils reposent sur les informations contenues dans la carte archéologique nationale soit connues, soit extrapolées quand il s’agit d’éléments partiels de connaissance.

Définies par les SRA, les zones archéologiques font l’objet d’un arrêté du préfet de région et ont deux objectifs :

·          organiser la transmission des dossiers d’aménagements afin d’en assurer l’instruction archéologique

·          porter à la connaissance des aménageurs publics ou privés la sensibilité archéologique potentielle de certains secteurs du territoire national afin de leur permettre de mieux apprécier les contraintes qui pourraient peser sur leurs projets.

 

Les zones archéologiques correspondent à l’état des connaissances archéologiques sur un secteur et à un moment donné ; connaissances qui évoluent en fonction des résultats acquis par la réalisation même des opérations d’archéologie préventive et de la mise à jour des informations contenues dans la carte archéologique nationale. Elles n'ont pas vocation à garantir qu’à l’extérieur de leur périmètre, aucun site archéologique ne puisse exister.

C’est pourquoi le législateur a prévu qu’en dehors des zones, qui représentent bien de ce fait des secteurs à sensibilité archéologique particulière, certains projets puissent également être instruits par le préfet de région pour l’archéologie.

 

 

 

 

 

 

 

Contact : Ministère de la Culture

Direction de l’architecture et du patrimoine

 

 

 

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