Fiche technique du CNIG n°78

ORGANISATION POUR LA MISE
EN PLACE D’UN SIG
Exemple de la ville de Nanterre
Service informatique ou service technique ?





Lors de la mise en place d’un système d’information géographique, une question se pose souvent : quelle est la direction la plus indiquée pour héberger le service chargé de l’information géographique ?

Le chef de projet SIG doit-il dépendre du responsable de l’informatique ou doit-il dépendre des services techniques, ou encore des services de l’urbanisme ?



La réponse dépend des circonstances



La réponse découle très largement des profils des hommes et des femmes en place, mais quelques principes peuvent être énoncés.

Le rôle du service informatique est de faire « marcher la machine », c’est à dire que le responsable du service informatique est, par priorité, orienté vers le bon fonctionnement du « système informatique », composante du « système d’information ». La complexité des outils, leur sophistication, la satisfaction des demandes des utilisateurs, et, last but not least, l’insuffisance structurelle des ressources humaines, positionne le service informatique « au plus près des machines ». Ces observations ne plaident pas en faveur d’une inscription du chef de projet SIG au sein du service informatique.

On notera, à l’appui de cette position, que le service informatique est assez souvent sous la dépendance de la direction des ressources (budget, personnel) confinant parfois le système d’information à la gestion financière, à celle du personnel et à la préparation des élections.

Le positionnement du chef de projet SIG au sein d’un service technique ou au sein du service urbanisme, présente des inconvénients symétriques : une approche partielle inévitablement centrée sur les besoins du service hôte.

L’information géographique doit pourtant être administrée au bénéfice de l’ensemble de la collectivité territoriale, à l’instar de l’information financière. Les données géographiques présentent des caractéristiques techniques qui la différencient des données comptables, mais les unes comme les autres irriguent l’ensemble de l’organisation, sont indispensables à son fonctionnement, et présentent un intérêt stratégique comparable.

Or, l’information comptable est toujours maîtrisée par un service spécifique, quelque soit sa dénomination : service comptable, direction financière.

L’information géographique peut être traitée de la même façon, avec autant de soin. En tout cas, les choix d’organisation ne doivent pas orienter le projet SIG vers une thématique spécifique. L’objectif du SIG doit être « transversal ». Néanmoins, il est clair que seules les structures de taille importante pourront se doter d’une direction dédiée au traitement de l’information géographique (IG).

Puisque l’on constate souvent que plusieurs services disposent de compétences en matière de gestion de l’information géographique, cette évolution nécessaire vers une direction de l’information géographique peut être initiée par la constitution d’une « cellule géomatique ».

Il peut s’agir d’un groupe de travail permanent sous l’autorité directe du directeur général des services et réunissant toutes les personnes porteuses d’un savoir-faire, d’un attrait, pour l’information géographique.

La réussite de ce dispositif implique la mise en place d’un solide processus de pilotage.



L’exemple de la Ville de NANTERRE



Nanterre en bref 



Préfecture des Hauts-de-Seine, la commune couvre 12,25 km², et accueille 84 281 habitants. Elle constitue un pôle économique majeur avec 5 000 entreprises, 1 000 commerces et 78 000 salariés (une partie de La Défense s’étend sur la commune de Nanterre). La ville héberge un pôle universitaire comptant 50 000 étudiants et lycéens. L’effectif municipal comporte environ 2 300 agents rattachés à une vingtaine de directions.

La ville gère un patrimoine d’environ 200 bâtiments communaux, plus de 90 km de voirie communale, 90 km de réseau d’assainissement, 200 hectares d’espaces verts, 10 000 points d’adresses et environ 10 000 parcelles cadastrales. Nanterre est traversée par plusieurs routes d’importance nationale (A86, A14, RN13,…).

Nanterre est aussi concernée par d’importants projets d’aménagement urbain dont une opération d’importance nationale (Seine-Arche).


Une volonté municipale forte

Dans ce contexte, la Ville de NANTERRE a décidé en 2001 de mettre en place un SIG pour

La volonté de la Ville de construire un système d’information permettant d’assurer une cohérence tant au niveau des données qu’en ce qui concerne les applications a conduit la direction des systèmes d’information et des télécommunications à embaucher un ingénieur SIG. Ce dernier a piloté une étude préalable confiée à un prestataire extérieur.



L’étude préalable



Réalisée fin 2001-début 2002, l’étude a permis de faire un recensement de l’existant et des besoins des services, des propositions de scenarii organisationnels et techniques et de définir une stratégie de mise en œuvre.

À la suite de cette étude, la direction générale a validé la mise en place d’un SIG :

Les structures de suivi du projet SIG



Schéma de l’organisation du S.I.G.





Le dispositif organisationnel est composé des instances suivantes :





Afin d’assurer le lien avec les agents et chargés d’études présents dans les différents services, une cellule géomatique a été créée et rattachée à la direction des systèmes d’information. La cellule composée d’un ingénieur et un technicien s’appuie sur des « référents ». Ces référents peuvent être de véritables géomaticiens mais aussi de simples agents sensibilisés à l’information géographique. Un groupe de suivi du projet se réunit tous les mois réunissant référents et cellule géomatique. Un comité de pilotage valide les grandes orientations du système.



Le comité de pilotage



Le rôle du comité de pilotage a été défini avec précision :

Il se compose de la direction générale, du directeur des systèmes d’information et de son adjoint, de la cellule géomatique et des directeurs et chefs de service concernés par l’ordre du jour de la séance.



Le groupe de suivi de projet



Ses missions sont les suivantes :



La cellule géomatique



Les principales tâches de la cellule géomatique sont constituées par :



Les référents



Les référents sont des agents positionnés dans les directions (ou services) et peuvent se voir affecter deux types de mission :



Des référents peuvent être désignés à titre temporaire dans les directions concernées par des projets à durée limitée.



Des résultats



Le dispositif organisationnel retenu est efficace puisqu’il a permis de capitaliser le savoir-faire acquis par les services. La Ville de NANTERRE a ainsi  :

Les projets suivants ont pu être menés :






Le fonds de données géographiques a été complété notamment en :


La production cartographique a concerné la réalisation :




Enfin, une réflexion est actuellement en cours sur la constitution d’un référentiel topographique à très grande échelle, référentiel utile à la fois aux utilisateurs de DAO pour les projets d’aménagements et SIG pour la gestion du patrimoine de la ville (assainissement, éclairage public, mobilier urbain …). Ce projet est piloté par la Cellule Géomatique en collaboration avec les directions des services techniques.





Pour en savoir plus 


Contacter à la mairie de Nanterre :


Marc ROCHER, directeur des systèmes d’information et des télécommunications au 01 47 29 49 07


Fabien ALBOUY, responsable Cellule Géomatique au 01 47 29 49 04

Franck TOUYAA, cartographe-géomaticien, direction de l’urbanisme opérationnel au 01 47 29 49 73











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